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Pigalle, du ter-ter aux awards de la mode

Créée en 2008, Pigalle prend en 2015 une autre dimension. Stéphane Ashpool, son créateur, vient d'être récompensé du prix de l'ANDAM, sacre dans l'univers de la mode. Retour sur une marque qui prépare sa mise en orbite mais tient à garder sa singularité.

"Cette victoire n'est pas juste la mienne, c'est celle de toute une génération. Merci pour votre soutien sans fin. Voir la vie en couleurs, en mouvement, partager des énergies, être optimiste, curieux et excentrique sont les valeurs que j'ai dans la vie et elles peuvent être la clé du succès. Il faut garder ça en tête, pour toujours." Tels sont les mots utilisés par Stéphane Ashpool sur Facebook à la suite de sa victoire au Grand Prix de l'ANDAM (Association national pour le développement des arts de la mode) 2015 le 3 juillet dernier, destiné à soutenir de jeunes créateurs français ou installés en France. A la clé : 250 000 euros pour développer sa marque et le parrainage de Bruno Pavlovsky, président des activités mode de Chanel, pendant une durée d’un an. Une consécration pour celui qui explique : "Mon rêve secret est de faire un jour de Pigalle, Maison Pigalle".

Né à Pigalle

En octobre 2008, Stéphane Ashpool, déjà impliqué dans le collectif Pain O Chokolat qui anime la capitale, fonde Pigalle. La marque sera marquée par cet ADN riches de plusieurs influences : la rue, la nuit, la fête, la mode, le sport et le métissage, entre autres. Dans un portrait pour Les Inrocks, Ashpool explique que sa mère, ancienne ballerine de Sarajevo, fréquentait des personnalités à la créativité débordante habillées en Mugler ou Montana, les couturiers stars de l'époque, et aux origines diverses. C'est l'époque des Bains Douches et le petit Ashpool fréquente des Anglais, des Cubains ou des personnes venues d'Europe de l'est. Une enfance qui nourrit sa vision de la mode, mais par extension de la vie et de la création. Aujourd'hui adulte, il le confirme dans le documentaire The Modern Man, pour Collect & Curate spécialisé dans les reportages sur l'art, la culture, la musique et le style : "Ils peuvent être gays et excentriques, ou guetto, ou ceci ou cela, mais ils restent et tu développes ton travail et ton attitude par rapport à eux, et ça t'emmène quelque part de plus intéressant."

A ses débuts, Pigalle est encore un vendeur multi-marques qui propose notamment des pièces de créateurs japonais. Aujourd'hui, et après la visibilité offerte par A$AP Rocky notamment, "un ami, pas un ambassadeur" pour Ashpool, la marque jouit d'un rayonnement international et a su se diversifier. De l'iconique sweat noir floqué d'un Pigalle en blanc aujourd'hui quasi introuvable, Stéphane Ashpool et ses équipes sont passés à des propositions plus mode et plus pointues. "J'ai une idée et ce que je fais c'est de coller à cette idée et j'essaye d'imaginer le rendu final, la présentation et les gens qui vont porter les vêtements" commente-t-il. Pour la dernière fashion week, le 29 juin, cela donnait une palette de bleus, de roses, de jaunes et de blancs portée par des adolescents, des jeunes hommes et des hommes plus mûrs ; tous des proches, des amis ou des personnes qui inspirent le créateur. Tels des pimp, le bling bling en moins, ou des sapeurs street wear, les mannequins dévoilent et incarnent la grammaire du style propre à Pigalle, tout en superpositions, mix, jeux de volume et de matières et un certain goût -et goût certain- pour les silhouettes unisexes. La saison précédente, la marque investissait l'Opéra de Paris avec des looks sportswear, façon hobo chic après avoir fait défiler ses mannequins dans la rue une saison précédente ou présenter sa collection sur des statues. Une “sorte de medley entre streetwear et haute couture” comme le dit Ashpool.

La mode autrement

Un esprit métissé qui alimentait déjà la première collaboration Pigalle x Nike annoncée en avril 2014. Depuis, plusieurs paires de baskets et des lignes de vêtements ont suivi, dont une dernière Dunk Pigalle x Nike, un mélange dosé entre la mode et l'urbain. "Le streetwear et le sportswear ont toujours été l'uniforme de la rue, et ma rue c'est Pigalle" scande Stéphane Ashpool qui a fait du nom de son quartier sa marque, et de sa marque le symbole d'un art de vivre. Dernièrement, il inaugurait, avec Nike, le terrain de basket Rue Duperré, menacé de fermeture. Un geste fort pour celui qui a souvent expliqué vouloir aider le quartier, se sentant lui-même "le maire de Pigalle" qu'il considère comme son "village".

Stéphane Ashpool, à travers Pigalle, crée une nouvelle dynamique et entérine un prêt-à-porter pour homme offrant une symbiose parfaite entre la mode et le lifestyle, réunissant sous l'égide de sa marque "un mix de fête et de fringues", comme l'analysait David Fischer fondateur d’Highsnobiety. Pour être sûrs que ce n'est que le début des festivités pour Pigalle, il suffit de regarder le parcours des anciens gagnants du prix : Iris van Herpen, AMI, Julien David ou encore Anthony Vaccarello, tous catapultés au sommet. Et Stéphane Ashpool de conclure : "Pigalle a beaucoup évolué ces derniers temps et si un jour vous voyez que je change et que je ne suis plus le même, vous pouvez me défoncer la gueule".

Source : Les Inrocks, New York Times, Business of Fashion, Documentaire The Modern Man

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