Issey Miyake, Andrea Crews, Julius : Défilés homme fashion week automne hiver 2015 Paris

Andrea Crews automne hiver 2015
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Issey Miyake, Andrea Crews et Julius sont les trois défilés homme auxquels la rédaction a assisté en ce 2ème jour de fashion week automne hiver 2015 à paris. Comptes-rendus.

Issey Miyake

Issey Miyake (défilé homme printemps été 2015 à redécouvrir) présentait ce 22 janvier sa collection homme de l’hiver prochain. Direction la Fondation Cartier pour l'art contemporain. Sur un son minimal à la limite du psychédélique, une trentaine de silhouettes se sont enchainées entre les bancs de spectateurs. Un défilé éclectique, inauguré par un costume quadrillé violet, décliné ensuite en version col officier. D’immenses sacoches plates (pour MacBook Air 30 pouces ?) aux imprimés art déco accompagnaient chaque tenue. Par la suite, les pantalons s’élargissent et les laines se tapissent. Les motifs écossais s’affichent en biais sur d’immenses drapés, gris ou colorés. La suite de la collection offre des formes plus accessibles. Des pantalons courts ou resserrés aux chevilles, surplombés de mailles, manteaux, parkas, avec pour unique point commun la fluidité. Le rouge vif vient ponctuer le spectacle et se décline en écharpe, chemise, pantalon, souvent en complément du violet. Quelques motifs zigzag plus tard, la grande salle se vidait déjà. (Par Raphael Grably)

Issey Miyake automne hiver 2015
Issey Miyake automne hiver 2015
Fashion week automne hiver 2015 Paris - Issey Miyake automne hiver 2015
Issey Miyake automne hiver 2015
Fashion week automne hiver 2015 Paris - Issey Miyake automne hiver 2015
Issey Miyake automne hiver 2015
Fashion week automne hiver 2015 Paris - Issey Miyake automne hiver 2015
Issey Miyake automne hiver 2015
Fashion week automne hiver 2015 Paris - Issey Miyake automne hiver 2015
Issey Miyake automne hiver 2015
Andrea Crews

C'est dans une des rues perpendiculaires à "l'avenue la plus belle du monde" (aka les Champs Élysées) qu'Andrea Crews a convié son monde pour la présentation de la collection automne hiver 2015 de son label de mode. Au 10 de la rue Colisée nous attend une porte ouverte, on descend, plongés dans le noir, puis un son minimal réveille nos sens. Devant deux Opel, Ylva Falk, artiste danseuse en mini short, se produit dévisagée par un homme au regard hagard quoi qu'un peu lubrique. Le ton est donné. Ça va sentir le gasoil et le stupre, le béton et la bagnole. Dans le parking et dans une ambiance fumeuse défilent les propositions de la créatrice - qui elles ne le sont pas. En hommage à sa voiture, son Opel, celle qui le traine de fêtes en rave, d'abus en rêves, l'homme Andrea Crews porte le logo (en imprimé ou sur un bonnet) comme un étendard. Fier et bien dans ses pompes - Dr Martens défoncées par le bitume, et Nike salies par la biture - il porte le jogging 3 pièces comme on porte son costume de mariage ; avec élégance. La banane indispensable est portée en travers de la poitrine, torse nu ou avec un bomber. Look de petite frappe et virilité naissante, l'homme Andrea Crews n'en est pas encore un. Juvénile mais pas innocent, il ne semble attendre que les moments d'évasion assis dans celle qui le lui permet : son Opel. Short de basketteur sur legging, pancho imprimé all over motif pneu ou logo Opel, jogging trois pièces ("le costume du futur"), hoodie jusqu'aux genoux, l'uniforme idéal du teuffeur. Opel en étendard, "liberté, égalité, rapidité" en religion. On garde quoi ? L'esprit libre et les matières techniques. (Par Lucas Lauer)

Julius

Modeux et journalistes se sont pressés au Palais de Tokyo ce jeudi 21 janvier, pour venir admirer le défilé Julius automne-hiver 2015-2016. Après une demi-heure d'attente, il est enfin possible d'accéder à la galerie haute (très spacieuse) où l'on est accueilli chaleureusement par un verre de vin blanc, n'oublions pas qu'il est déjà 20h30. Puis la lumière se tamisa et une musique électro aux accents apocalyptiques commença à gronder et à chatouiller nos tympans. Après quelques instants de latence, des mannequins aux cheveux gominés se mirent enfin à défiler. Audacieuse mais efficace, la collection Julius a vraiment des atouts à revendre. Fidèle au noir et blanc et au cuir, le créateur japonais est parvenu à façonner des vêtements très urbains, alliant habilement sens du détail et prises de risques bien senties. Doudounes imposantes, pantalons aux poches multiples, blazers élégants et shorts en cuir sur legging se succèdent à la vitesse de l'éclair, dans une atmosphère toujours aussi délétère. L'homme selon Julius n'a pas froid aux yeux et se moque de la demi-mesure. D'un regard froid, il toise la foule et semble prêt à affronter l'hiver. (Par David Douieb).

Crédit : meltystyle.fr, Raphael Grably