Normal, le magazine de nu qui réchauffe le papier glacé #MCM

Normal #3
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"Les plus beaux nus, vus par les plus grand photographes" telle est la promesse (tenue) qui a motivé Guillaume Rogez, directeur artistique, et Philippe Guédon, rédacteur en chef, que nous avons interviewé, pour lancer le trimestriel Normal. Man Crush Monday pour des mecs inspirants et un projet de qualité.

Coincé dans des études de droits qui ne lui apportent pas la part de création, de sensibilité et d'arts, pour lesquels il se passionne, dont il a besoin, Philippe Guédon décide, il y a quelques années, de changer de voie et bifurque vers des études de journalisme. Une discipline riche pour laquelle il fera ses armes dans une agence de presse photo et qui lui ouvre les portes des sacro saints outils informatiques : InDesign et Photoshop. Sûr de vouloir écrire et fort de sa passion pour la photographie, lui et son ami Guillaume, designer et graphiste, décident de tenter l'aventure de l'édition. C'est LE nu qui sera choisi. Celui qui émeut, excite parfois, bouleverse ou provoque.

Porté par les très bonnes ventes du premier numéro, proposé uniquement en ligne, le duo prend conscience qu'il y a une véritable place pour leur publication, à mi-chemin entre le magazine et le livre d'art. La maison d'édition se crée et le numéro 2 sort, en version papier : "(...) inévitable, je voulais vraiment un écrin et un support physique que les lecteurs s’approprient. Et désormais nous travaillons exclusivement sur le magazine avec une petite équipe qui croît petit à petit." Dans nos mains, aujourd'hui, se trouvent les 253 pages du numéro 3, l'édition de printemps articulée autour de la mode, du nu et d'un hommage à la nature vivante à travers des séries d’entretiens et des portfolios.

Interrogé sur la limite entre la photographie de nu érotique et la photographie trash ou porno, Philippe s'amuse : "C’est marrant, c’est une question récurrente que je pose aux photographes avec qui je travaille. La plupart des photographes me disent que la différence réside dans les yeux du spectateur, que c’est purement subjectif ou parfois qu’il s’agit du respect de la femme, du modèle. La retenue est relative et évolue avec le temps, avec l’âge. Il y a une citation d’Helmut Newton, qui est dans le mag d’ailleurs, que j’admire et qui résume assez bien mon optique de l’art et de la photo sur ce thème : 'J’adore la vulgarité. Je suis très attiré par le mauvais goût, plus excitant que le prétendu bon goût, qui n’est que la normalisation du regard.' (…) j’aime profondément le suggestif, mais l’art, et la photographie notamment, doit déranger, doit bousculer les idées reçues, les préjugés, et repousser les frontières de l’obscénité, du bienséant, des critères normatifs du beau & du laid et de l’acceptable."

Les photographes choisis répondent donc à cette prérogative. Talent reconnu ou plus confidentiel, pratique académique de la photographie ou plus délurée, le duo ne se refuse rien et souhaite montrer le spectre très large de la photographie contemporaine. Bientôt, d'autres projets vont être mis en place et notamment des séries spécialement conçues pour Normal avec de grands noms de la mode et photographiées par Hervé Lewis, à qui l'on doit les campagnes Aubade. L'excellence. Toujours. Quant aux modèles, Philippe est actuellement à la recherche d'une muse : "Je trouve qu’en France nous n’avons plus de symbole, de mannequin jeune, de référence et j’aimerais trouver une égérie pour le magazine qui reflète cette nouveauté." Qui est prête à enlever le bas pour Normal ?

Normal, 28€ en version papier, et 10€ en ligne.

Source : meltyStyle, Normal - Crédit : Normal