Tealer, sneakers, Wiz Khalifa... On a refait le monde avec Jeff, le patron des dealers de t-shirts

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Tealer continue d'imposer sa patte dans l'univers du streetwear en France. Et comme cette marque ne cesse de nous bluffer, la rédac' est partie à la rencontre de Jeff, l'un des fondateurs de la griffe tendance

Il y a un peu plus de 4 ans, Jeff et Alex lançaient Tealer, une jeune marque qui rend hommage à la culture cannabis avec des sapes décontractées. En très peu de temps, Tealer est passée du statut de la griffe préférée des fumeurs de ganja à celui d'une marque de streetwear tendance. Un exemple ? Il y en a beaucoup dans la boutique, située au 11 Rue d’Alexandrie, dans le deuxième arrondissement de Paris. Il suffit de jeter un œil sur la collection Tealer x Aaron Kai pour avoir une idée concrète sur la qualité des produits de cette marque qui s'est fait connaitre en distribuant ses T-shirts dans des maxi-pochons... Validée par des stars de la musique US comme Rihanna, Wiz Khalifa ou encore, A$AP Ferg, cette jeune marque française nous épate chez meltyStyle. Du coup, on a décidé de partir à la rencontre de Jeff, l'un des fondateurs de Tealer. Interview

meltyStyle : Peux-tu nous dresser le bilan des 4 années d'existence de la marque ?

Jeff : On a réussi à transformer un délire en un truc qui nous fait vivre. Aujourdh'ui, on travaille à 13 chez Tealer. C'est vraiment un rêve qui devient réalité car chaque jour, on vient avec l'idée de bosser avec nos potes et de divertir les gens avec de la mode. On essaie de faire ce qui nous amuse le plus et ce qui pourrait toucher notre clientèle. On ne travaille pas pour forcément chercher le plus gros chiffre d'affaires mais, on essaie plutôt de trouver le kif en lui-même.

Tealer, sneakers, Wiz Khalifa... On a refait le monde avec Jeff, le patron des dealers de t-shirts

meltyStyle : Lors de l'arrivée de Tealer, on parlait de dealers de t-shirt mais, ce n'est plus forcément le cas puisque vous commercialisez aussi des sweats, des planches de skate... 

Jeff : On ne s'attendait pas à ce que ça marche. Au début, on parlait d'un concept de dealer de t-shirt car il fallait juste m'appeler sur un numéro pour que j'assure la livraison... comme un dealer. Une fois que le truc a pris et qu'on a eu le shop, on a décidé de lancer des sweats pour voir ce que ça va donner. Mais en même temps, l'hiver approchait... Notre développement n'a rien à voir avec celui d'une marque classique puisqu'au début, Tealer n'était pas vraiment une marque mais plutôt,  une idée, un concept. Quand on a vu que ça prenait, on a enfin compris qu'on était une marque et qu'il fallait aller plus loin. Avec notre partie "print", on a quand même gardé l'esprit du dealer de t-shirt puisqu'on travaille comme un dealer qui fait pousser sa weed : on t'imprime le t-shirt sur place, même s'il s'agit d'un imprimé issu d'une ancienne collection. Il n'y a pas ce côté limité dans notre partie print. Quant à nos collections, on sort des pièces en édition limitée, c'est un vrai travail de fond alors que pour le print, on dévoile, chaque lundi, un nouveau visuel, c'est notre Deal of The Week et on essaie de faire en sorte que ça colle à l'actualité, comme par exemple notre t-shirt sur la mort de Glenn dans The Walking Dead. 

Tealer, sneakers, Wiz Khalifa... On a refait le monde avec Jeff, le patron des dealers de t-shirts

meltyStyle : En 2016, Tealer nous a bluffé avec des collaborations inédites. Dans quel esprit se font ces "associations" ?

Jeff : On choisit nos collab à l'affect" ! Tout se joue sur les rencontres. Mais on a déjà refusé des collaborations avec des grosses marques. Pour ce qui est par exemple de Pink Dolphin, on essaie concrètement de s'implanter aux Etats-Unis. Pink Dolphin est une boutique sur Fairfax, à côté de Supreme. On traînait là-bas pour capter un peu la hype. Et pour l'anecdote, on a rencontré les mecs de Pink Dolphin parce qu'on fumait un oinj et à force de parler avec les patrons, on leur a dit qu'on avait une boutique à Paris et qu'on pouvait faire un pop-up ou une collab"... ça se passe, en général, toujours comme ça. Là, on parle avec Reebok en ce moment. Rien de concret mais, c'est parti d'une simple rencontre.  Sinon, on aura bientôt une collab avec le grapheur Fuzi qui a notamment tatoué Scarlett Johansson. Bon, je suis conscient que notre public ne connait pas toutes nos collab' mais, l'essentiel pour Tealer est d'apporter quelque chose à la marque avec laquelle elle va collaborer et que cette marque nous apporte aussi quelque chose, en retour ! 

Tealer, sneakers, Wiz Khalifa... On a refait le monde avec Jeff, le patron des dealers de t-shirts

 meltyStyle : Tealer a déjà réussi à rhabiller pas mal de stars de la musique US, quel est votre secret ? 

Jeff : On a fait du forcing (rires). Comme pas mal de marques, on a envoyé beaucoup de colis à nos débuts mais, ça ne prenait pas vraiment. Jusqu'à notre déplacement à Los Angeles. On y a fait quelques salons et on a eu l'occasion de croiser quelques agents ou stylistes et grâce à cette rencontre, ça s'est fait ! Mais pour Wiz Khalifa ou Schoolboy Q, on a été contacté par leurs agents car les artistes se retrouvaient dans l'esprit de le marque. Ces artistes pourraient demander des centaines de milliers d'euros par exemple  mais, Wiz Khalifa a kiffé notre délire et ça ne l'a pas dérangé de porter des vêtements Tealer. 

meltyStyle : Au-delà des t-shirts et des sweats Tealer, est-ce qu'on peut espérer des sneakers de la marque ?

Jeff : On aimerait bien en faire. Mais se lancer dans le milieu n'est pas aussi facile que ça. C'est un vrai business où tu as des incontournables comme Nike, Reebok et Adidas qui font le taf. Le monde des sneakers addict est très fermé, très compliqué. Pour rentrer dans le game, il faut avoir fait ses preuves. Mais on est en train de parler avec Reebok pour se lancer dans le milieu. On parle aussi avec Fila mais, je pense que si on débarque dans le monde de la basket, ce sera à travers une collab" avec une marque. On a déjà été approchés par Asphalt et j'aime bien cette marque mais, j'avais l'impression que ça allait me fermer d'autres portes. Alors, j'ai préféré rester ouvert pour rencontrer tous les acteurs du marché et voir ce qu'on pourrait faire !

Source : meltyStyle, Tealer - Crédit : Tealer