Un été mythomane

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Cet été tu n'as pas bougé de chez toi, flemme, manque de thunes, ou simplement plaisir de glander. Mais quand le moment vient de raconter tes vacances à tes potes tu ne sais plus quoi dire, heureusement meltyStyle est là pour t'aider à te broder un été

Tu peux bien sûr t'inspirer de mon vrai voyage aux USA avec la chronique Lost in America. Mais le mieux pour t'aider à trouver quoi raconter comme vacances à tes potes c'est de découvrir l'été mythomane que j'ai servi aux miens. Piochez librement, c'est gratuit : Petite journée tranquille comme tant d'autres cet été. Je me réveille à 14h, et subitement paniqué par ce réveil bien trop matinal je me rendors pour émerger mollement 4 heures plus tard de mon doux coma semi-éthylique ( ben quoi, on peut bien faire la fête, c'est les vacances). Deux potes (Mathieu et Roland) viennent de rentrer de vacances et j'ai rendez-vous de bon matin avec eux (vers 19h30) dans un troquet du coin. Je prends ma première douche de la semaine ( Non c'est pas sale, c'est les vacances... tu ne vas pas me reprendre à chaque fois quand même) et me prépare pour un samedi soir chiant à crever ou je vais me morfondre bière à la main en écoutant les vacances fabuleuses de ces deux blaireaux bronzés ( non je ne suis pas jaloux, glander dans sa piaule c'est très bien comme vacances).

Retrouvailles

Attablé, mon demi dans une main mon BlackBerry dans l'autre, je vois Roland qui se pointe avec la fameuse tête du raton laveur propre au kéké des plages et à son bronzage lunettes de soleil (Ray-Ban bien sûr). Il me salut, se pose, et se prélasse avec un sourire béat m'éclaboussant grassement de son bonheur à la con avant de me demander d'un air moqueur : "Alors, ces vacances". Et moi de lui répondre "C'était incroyable, mais je préfère que Mathieu arrive histoire de pas me répéter" ( Première feinte du loup pour gagner du temps afin d'élaborer son mytho). Je vois Math qui se pointe et commence à rassembler mes idées pour inventer des vacances dignes de ce nom histoire de pas passer pour un gland. Même bronzage, même sourire béat. Une chance que ce soit des potes, un peu plus et je les giflais tous les deux pour leur insolence. Quoi qu'il en soit je ne vais pas pouvoir tourner autour de la question fatidique. Si tu te retrouves dans cette situation, peut-être ma façon légère et subtile d'y répondre saura t'inspirer...

Un été mythomane
Alors, ces vacances ?

Là, n'ayant pas eu le temps de m'inventer les vacances d'été de rêve susceptibles d'expliquer que je suis resté blanc comme un cachet d'aspirine, un reflex de survie me pousse à prendre les devants ( Une très bonne solution afin de jauger le niveau et de gagner de temps pour s'inventer des vacances qui leur cloueront le bec) : "Alors, ces vacances ?". Mathieu raconte son road trip californien, les stars d'Hollywood, le surf, la nage avec les dauphins… à vomir. Roland quant à lui s'étend sur l'expérience inoubliable qu'a été son tour de l'inde à dos de vache sacrée. "Y a du niveau !", me dis-je. Va falloir assurer si je ne veux pas passer pour la loque que je suis. Bon, ok, je termine mon demi cul sec, alibi idéal pour m'éclipser aux toilettes afin de peaufiner mes vacances parfaites (La retraite est une bonne initiative pour revoir son histoire à la hausse quand le niveau est plus élevé qu'escompté). Petit coup d'eau fraîche sur le visage (dur la bière au réveil, même à 19h30), petit coup d'œil sur le reflet de ma face de vampire délavé. Ça y est, je les tiens mes vacances de folie !

Un été mythomane

Je retourne à notre table et à peine ma fesse gauche est entrée en contact avec la chaise qu'ils s'exclament à l'unisson : "Bon alors, ces vacances ?!". Je respire un grand coup pour sortir mon histoire d'une traite, ils risqueraient de me couper et de me faire perdre le fil sinon. Hors de question ! ( A noter, l'interruption par des question intempestive est le pire ennemi du mythomane) : "Ben au début c'était des vacances tout ce qu'il y a de plus classiques : Une semaine de ski à Dubaï, petite descente des chutes du Niagara en rappel, ascension de l'Everest à trottinette… Mais v’là-t’y pas qu'arrivé en haut de ce dernier en à peine plus de trente minutes, un mec m'attend avec un Samsung Galaxy S2 au somment de l'Everest avant même que l'appareil soit sorti dans le commerce. Il me le dépose dans la main avec cette simple phrase : "voici votre mission si vous l'acceptez". A la suite de quoi le mec met des ski et dévale la pente tout schuss .

Un été mythomane
Elément perturbateur

Je scrute le téléphone avec une certaine curiosité et je vois apparaître à l'écran Barack Obama et Lady Gaga en HD. Cette dernière m'explique qu'un milliardaire biélorusse à dérobé ses implants et que ne pas les retrouver remettrait en question la sortie de son dernier album, je lui réponds simplement "Stop telephonin me, I'm kinda busy", sur quoi elle se met à pleurer et s'en va. Non mais c'est vrai quoi, elle est lourde à la fin ( Montrer votre implication émotionnelle avec les personnage de votre histoire ne la rendra que plus crédible). Là, Obama prend le relais et m'explique le fond du problème en ces termes : "les implants ont été fabriqués en uradamantanium, et si vlad (le milliardaire biélorusse) s'en aperçoit, il aura alors la puissance de feu suffisante pour devenir le maitre du monde". Je lui réponds que ça m'emmerde, que j'avais bien envie d'aller faire un tour au Pakistan pour finir mes vacances. Il me rétorque que le devoir passe avant tout et me précise qu'il me paye quoi qu'il arrive le voyage au Pakistan pour vérifier que Ben Laden est bien mort. Bien obligé d'accepter je lui dit go. ( L'élément perturbateur viendra apporter du relief à votre histoire, des vacances sans accrocs pourraient paraître louches à vos pote)

Paufiner les détails

Le Samsung Galaxy S2 flambant neuf se met à faire des bips. Le texte "ce message s'autodétruira dans 5 secondes", s'affiche en full screen sur l'écran HD. Je le jette dans la neige. Il explose et déclenche un tremblement sourd dans la montagne. Des plaque de neiges se détachent, c'est le début d'une avalanche. Je profite du désastre pour remonter sur ma trottinette et file droit au Pakistan poussé par l'élan de la coulée de neige sans que Barack n'ait eu besoin de me payer le billet. Ben Laden avait bien survécu mais 30 minutes après mon arrivée, lui et ses 5000 hommes armés jusqu'au dents ne sont plus qu'un mauvais souvenir. Trop facile quand on fait du Kung-Fu. Je profite de l'explosion finale pour me propulser en Biélorussie d'une traite ou presque toujours sur ma trotinette. Je récupère les implants de Lady Gaga en m'infiltrant chez vlad sans me faire repérer après un petit détour dans les Carpates pour tuer Dracula, on ne m'a rien demandé mais je passe par là alors j'en profite. Ensuite, direction Washington à la nage, Méditerrannée, détroit de Gibraltar, Atlantique, les derniers mètres sont les plus éprouvants. Là je retrouve Obama et Gaga à la maison blanche et leur remet les fameux implants radio-superactifs. Obama me remercie chaleureusement en promettant de remplacer la statue d'Abraham Lincoln par une de ma personne, et Lady Gaga se jette sur moi pour me faire l'amour sauvagement. Obligé de la gifler pour qu'elle me lâche, je reprends la direction de Paris pour boire avec vous la bière de l'amitié… Enfin rien d'exceptionnel quoi."

Un été mythomane
Le doute

Là bien entendu Mathieu et Roland restent silencieux, conscients que leur vacances de rêve n'étaient que de petites balades moisies à côté de mon été de ouf. Ils finissent bien entendu par m'applaudir respectueusement. Ils me demandent si je désire qu'ils m'appellent maître, et je leur réponds bien sûr que ça n'est pas nécessaire entre potes, mais qu'une fois de temps en temps ne peut pas faire de mal. Après un moment de silence, c'est Roland qui en vient finalement à émettre un doute ( Toute vacance mythomane est suceptible de voler en éclat quand le doute survient chez l'interlocuteur) : "Euh, dis moi. Pas que je doute mais je veux bien que tu m'expliques comment tu peux être blanc comme un cul après tout ce que t'as fait".

Soigner son final

Là mon cerveau se met à tourner à 100 à l'heure et je répond du tac au tac ( lorsque quelqu'un émet un doute, il faut trouver une réponse le plus rapidement possible) : "Ben à Dubaï j'ai skié en salle, aux chutes du Niagara il faisait un temps pourri, sur l'Everest j'étais bien couvert, et pendant ma mission commando j'ai dû agir de nuit par souci de discrétion". ( Après le mieux, c'est d'en rajouter une couche, le bouquet final, un dernier coup au sommet du crâne de l'interlocuteur pour qu'il ne puisse plus rien ajouter à cet été de rêve) Sur quoi je conclue nos retrouvailles sur ces quelques mots simples et sans prétentions : "Bon désolé les mecs je dois vous laisser, Megan Fox a besoin de réconfort après s'être fait virer de Transformers 3, au faite, vous avez pas quelques capotes ? (...) Merci les mecs, 24 ça sera un peu juste pour cette nuit mais j'apprécie le geste"

Moralité

C'est pas parce qu'on a passé un été de merde sans bouger de son trou qu'on est obligé de passer pour un con quand tout le monde raconte ses vacances. Non mais !

Moralité 2

Plus une histoire est invraisemblable plus il est impensable de vouloir la faire passer pour vraie. Les gens seront donc prompts à croire l'incroyable, à sous peser l'improbable pour finalement douter du possible. Ce qui explique que la plus incroyable des histoires sera finalement plus crédible qu'un mensonge trop banal.