Y/Project, 22/4, Julien David... Défilés homme fashion week automne hiver 2015 Paris

Y/Project automne hiver 2015
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Y/Project, 22/4, Julien David ou encore Lucien Pellat Finet font partie des marques qui ont ouvert la fashion week homme automne hiver 2015 avec leurs défilés et présentations. Préparez vos mirettes !

Lucien Pellat Finet

C'est encore une fois la présentation Lucien Pellat-Finet, après la présentation printemps été 2015, qui ouvre le grand bal des réjouissances modesques de la fashion week. Le "roi du cachemire" présentait sa collection homme pour l'automne hiver 2015. Durant deux heures s'est animé un ballet de mailles épaisses, parfois ornées de dessins, souvent colorées. Ses habituelles têtes de morts et feuilles de cannabis se sont une fois de plus déclinées sur les pulls, pantalons, manteaux, et sneakers façon Stan Smith. La maison a également présenté sa collaboration avec la jeune marque LES (ART)ISTS, spécialisée dans les T-shirts inspirés de la culture universitaire américaine. Des pièces simples, mais efficaces, dans un coton parfaitement choisi. Seul hic, les 400 euros qu'il faudra débourser pour se les procurer. En attendant, il est toujours possible d'aller chiner la collection actuelle en soldes, à la boutique de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. (Par Raphael Grably)

Lucien Pellat-Finet automne hiver 2015
Lucien Pellat-Finet automne hiver 2015
22/4_Hommes

Le second défilé de cette Fashion Week s'est tenu au Palais de Tokyo, lieu prisé des présentations. Et c'est dans le non moins fameux sous sol du musée, anciennement cinémathèque et aujourd’hui Yoyo, que Stephanie Hahn, directrice artistique de 22/4, a présenté son prêt-à-porter homme, et femme. Pour atteindre la salle, il faut en passer par des dédales de couloirs et de murs bruts, dans leur jus, mais agrémentés d’œuvres de street-art ; auxquels s’ajoutent les installations pour le défilé. Des écrans entourés d'un décor de récup - néon et valise - passent des images de la collection mise en scène, les mêmes que l'on retrouvera projetées sur l'écran blanc de la scène du Yoyo, une fois rentrés à l'intérieur. Pour l'effet de surprise on repassera, mais la collection vaut le coup d’œil. Le communiqué de presse nous rappelle que la marque a été créée à Düsseldorf. Et la rigueur allemande couplée à l'attention de la créatrice pour les proportions (d’où le nom 22/4 basé sur l’équation mathématique 2+2 = 4) font des étincelles. S'organise un nouveau règne avec des dandy décadents - l'inspiration est signée Oscar Wilde - dans leurs apparats version 2015. La fourrure tout d'abord, accessoire de luxe, et véritable gimmick de la collection, est ici détournée de ses utilisations habituelles. En témoignent les manchons, les boucles d'oreille ou les plastrons de chaussures. Puis le tailoring - costumes et manteaux - est réinventé avec des blazers croisés et cintrés ou des manteaux d'hiver sans manches ou sans boutonnage. Détente, l'homme par 22/4 (défilé printemps été 2015 à redécouvrir) ose aussi le pancho, et le pancho hybride : avant blazer, arrière pancho. Du meilleur effet pour ceux qui aiment se démarquer. On garde quoi ? Le blazer ceinturé. Sans effort et sophistiqué. (Par Lucas Lauer)

Y/Project

Glenn Martens continue, avec respect de l'héritage, la succession de Yohan Serfaty. Pour sa collection automne hiver 2015, le directeur artistique de la marque s'empare lui aussi des codes du tailoring (mais quel label masculin ne le fait pas ?) et les dynamite. La raison ? Le créateur s'interroge sur le passage de la jeunesse à l'âge adulte. Une préoccupation que connait bien cet "enfant des 90's". Sa libre réinterprétation de ce classique se fait naturellement dans la transgression. Le lurex tout d'abord, matière brillante et chatoyante, qui vient se tisser en infiniment petit dans les blazers ou pantalons pour un rendu joliment brillant sans sonner l'alerte bling. C'est qu'il cherche plutôt la reconnaissance dans les détails l'homme Y/Project (défilé printemps été 2015 à redécouvrir). L’œillet par exemple, véritable gimmick de la collection, qui peut se faire utilitaire pour remplacer un bouton ou servir d'ornement. Ou encore le cuir et le vinyle. De loin, on passe avoir affaire à un simple - mais efficace - costume quand de prêt la matière se révèle. Les cols ou les fermetures de pantalon ont aussi droit au traitement made by Martens. Les cols roulés se font double, en tissu synthétique gaufré, ainsi que les passants de ceinture et fermetures de pantalons (là on est plus dubitatifs). Et puisque l'efficacité et l'élégance sont souvent l'affaire de pas grand chose, les costumes d'inspiration année 40 s'affirment comme les véritables pièces fortes, aux cotés du bombers en peau retournée à se damner. En complet - veste / pantalon / manteau - gris, pied de poule ou camel, le tailoring facon Y/Project enthousiasme. On garde quoi ? L’association d'un manteau fin sous un autre plus épais. L'audace payante de l'hiver 2015. (Par Lucas Lauer)

Julien David

École nationale des beaux arts, Paris, 1er jour de fashion week, 19h30 + quart d'heure de retard traditionnel. Qu'il est dur de se remettre dans la rythme des fashion week, des bises aux attachées de presse, de faire semblant d’être bilingue ou de jouer des coudes pour se faire streetstyler, et décortiquer les défilés (quand même). C'est dans ce marasme modesque de fin de journée qu'apparaissent les silhouettes de Julien David, aussi pressées que nous d'en finir avec cette journée. Mais pour eux, c'est une vraie journée de boulot a en croire leur allure dézinguée, leurs cheveux décoiffés et leurs attachés cases aux bras. C'est l'heure pour ces golden boys sexy de filer en happy hour. Alors on enfile un manteau long en laine sur son Perfecto usé, la parka - vêtement technique par excellence - vient réchauffer un blazer léger et les têtes sont parées de gomina ou d'un bandeau de sport. Parce que ces mecs ont compris l'alliance parfaite du sportswear et du chic. Ce sacro saint combo qu'on bouffe à chaque saison plus ou moins indigestement. L'homme Julien David (tout comme Julien David himself avec son look sans effort) a digéré toutes ces tendances et porte avec désinvolture cet uniforme de bon CSP+ trendy. Et nous aussi on a envie d'être de la team de ces mecs qui ont explosent les compteurs du cool et du style. A l'automne hiver 2015 peut être, mais pas ce soir. Ce soir on file en happy hour dans nos frusques de fast fashion. Merci Julien David, pour ce moment. On garde quoi ? Tout. Absolument tout. (Par Lucas Lauer)

Crédit : meltystyle.fr, Raphael Grably